Historique Opération Dynamo

INTRODUCTION HISTORIQUE

Dynamo 1940-2010

Boutonnière _Dunkerque_1940

Il y a 70 ans, une grande majorité des soldats de l’armée française des Flandres se sacrifiait pour couvrir la retraite sur Dunkerque, puis l’embarquement des forces britanniques et d’une partie de nos unités. La bataille de Dunkerque, bien que toujours entourée de légende pour ceux qui l’ont vécue et pour les passionnés, est pour la plupart des profanes assimilée à la fin des combats de 1940 ! Il est vrai que toute la France faisait reposer sa confiance sur le combattant de 1940, mais que celui-ci n’a pas pu faire de miracle. De plus, les cinq années qui ont suivi ont jeté un voile terne sur ces combats, laissant place aux problèmes quotidiens de la guerre et de la vie courante. Il est nécessaire pour cela de rétablir certaines vérités :

  • Tout d’abord, la bataille de Dunkerque est une bataille qui se déroule du 24 mai au 4 juin 1940 avec un commandement unique, dans une zone délimitée par une ligne de feu continue, se réduisant de plus en plus. Les combats ne sont donc pas menés par des troupes aussi désorganisées que l’on a bien voulu le dire. Les opérations sont dirigées par des hommes décidés. L’Amiral ABRIAL, commandant en chef des forces maritimes du Nord, appelé par abréviation « Amiral Nord », est de part les circonstances exceptionnelles, commandant en chef des forces maritimes et terrestres. Le Général de corps d’armée FAGALDE, commandant le 16e corps d’armée (CA) est le commandant des forces terrestres avec mission d’assurer la défense de la zone sous les ordres de l’Amiral Nord. Toutes les troupes terrestres entrant dans le secteur de Dunkerque passent sous les ordres du Général FAGALDE. Ces deux hommes ont le mérite d’avoir assuré la défense de Dunkerque, ils n’ont quitté leur poste qu’au terme de leur mission, le 4 juin 1940 au matin, sur l’un des derniers bateaux à avoir quitté la poche.

  • On parle parfois du miracle de Dunkerque, mais en réalité, il n’y a pas de miracle. Si les embarquements, principalement des Britanniques, ont pu être menés, c’est grâce à une défense énergique et au sacrifice de nombreux combattants français, à l’instar du Général de division JANSSEN, commandant la 12e division d’infanterie motorisée (DIM), tombé le 2 juin 1940, au Fort des Dunes.

Opération Dynamo - Fort des Dunes - 12e DIM - France40
Juin 1940 : la 12e DIM au Fort des Dunes (Coll. de l'auteur)

  • Il faut également nier l’affirmation selon laquelle HITLER a ordonné à ses divisions de stopper devant Dunkerque et ainsi de laisser s’embarquer les Britanniques, car c’est faire bien peu cas des milliers de nos frères français qui reposent dans les cimetières militaires de la région. En effet, les divisions blindées allemandes doivent attendre les divisions d’infanterie qui ne les ont pas rejointes. De plus, les attaques de Boulogne et Calais ont laissé des traces sur les hommes et le matériel. L’armée allemande doit donc se réorganiser pour finaliser l’attaque sur Dunkerque et ceci explique ce répit de 36 heures. Dans ses mémoires, le Général GUDERIAN, commandant le corps d’armée blindé comportant la 1re, 2e et 10e « Panzerdivisionen », nous livre l’un des plus grands hommages aux défenseurs de Dunkerque : « Il nous a fallu une demi-journée pour franchir la Meuse à Sedan, huit jours pour aller de la Meuse à la mer, mais il nous a fallu six jours pour conquérir les quelques kilomètres qui nous séparaient de Dunkerque ».

  • La bataille de Dunkerque est un choc extrême pour la France qui était invincible depuis la bataille de Verdun. C’est cette Bataille de Dunkerque qui sert de rupture, une certaine France a vécu, mais puisqu’ELLE est immortelle, cette bataille est également un électrochoc qui se traduit pour certains en France Libre et pour d’autres en Révolution Nationale. Quoiqu’il en soit, il faut aujourd’hui, pour ceux qui demeurent, en tirer des leçons, mais aussi des raisons de ne jamais désespérer et toujours continuer le devoir de mémoire !

ADC Gonzague CARPENTIER

Dunkerque_Jean_Bart_1940
Jean Bart toujours debout ! (Photo ECPAD)

 

« Tant que l'on parlera anglais,
le nom de Dunkerque sera prononcé avec le plus grand respect »
« New York Times » au lendemain de l'opération Dynamo.

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